Cusco avant le trek : s'acclimater et visiter
Arriver de France et partir marcher le lendemain est la meilleure façon de passer le trek malade. Voici combien de temps prévoir, et quoi faire de ces journées.
Combien de jours avant le départ
Deux jours pleins, trois si vous le pouvez. Cusco est à 3 400 m, soit plus haut que la plupart des stations de ski européennes, et le Chemin de l'Inca monte ensuite à 4 215 m dès la deuxième journée.
Ce délai n'est pas une précaution de confort : c'est le temps qu'il faut à l'organisme pour commencer à compenser. Les voyageurs qui enchaînent vol long-courrier, vol intérieur et départ en trek sont ceux qui souffrent le plus au col — et le col est l'étape que l'on ne peut pas raccourcir.
Rejoindre Cusco
Il n'existe pas de vol direct depuis l'Europe. On arrive à Lima — comptez environ 12 h depuis Paris, 10 h depuis Madrid, 11 h depuis Amsterdam — puis un vol intérieur d'environ 1 h 20 jusqu'à Cusco.
Réservez le vol intérieur le matin : les vents de l'après-midi dans la vallée provoquent des retards et des déroutements réguliers, et une nuit perdue à Lima ampute directement votre acclimatation.
Que faire pendant ces deux jours
L'idée n'est pas de rester couché : c'est de marcher sans forcer, à basse intensité. Le premier jour, restez en ville — le centre, le Qoricancha, le marché de San Pedro. Marchez lentement ; les rues de Cusco montent plus qu'il n'y paraît.
Le deuxième jour, descendez dans la Vallée sacrée. C'est contre-intuitif mais efficace : Pisac et Ollantaytambo sont 400 à 600 m plus bas que Cusco, on y dort mieux, et les sites incas y préparent parfaitement le regard pour le trek. Beaucoup de voyageurs y passent leur dernière nuit avant le départ.
Ce qu'il faut voir dans la ville
Deux sites dominent tout le reste, et ils se visitent à pied ou presque.
Le Qoricancha — « l'enclos d'or » en quechua — était le temple le plus sacré de l'empire, dédié au Soleil, et ses murs étaient littéralement plaqués d'or avant l'arrivée des Espagnols. Ceux-ci l'ont dépouillé puis ont bâti le couvent de Santo Domingo par-dessus, en conservant les soubassements incas. Le résultat est l'image la plus parlante de la conquête : une église coloniale posée sur une maçonnerie que ses bâtisseurs n'ont pas su démonter.
Sacsayhuamán, sur les hauteurs, est une forteresse cérémonielle aux blocs cyclopéens — certains dépassent les 300 tonnes, ajustés sans mortier. La montée depuis la Plaza de Armas est raide et se fait à 3 600 m : c'est une excellente séance d'acclimatation, à condition de la prendre lentement. La vue sur les toits de Cusco depuis le site est la meilleure de la ville.
Trois sites plus modestes complètent le circuit classique juste au-dessus — Q'enqo, Puka Pukara et Tambomachay — et se combinent en une demi-journée.
Le boleto turístico, et son piège
La plupart des sites de la région ne se paient pas à l'entrée : ils sont couverts par un billet groupé, le boleto turístico. Deux formules principales :
- Le billet complet — 130 soles pour un étranger, valable 10 jours consécutifs, il ouvre 16 sites, dont Sacsayhuamán et l'ensemble de la Vallée sacrée (Pisac, Ollantaytambo, Chinchero, Moray).
- Le circuit 1 — 70 soles, valable une seule journée, limité aux quatre sites au-dessus de Cusco : Sacsayhuamán, Q'enqo, Puka Pukara et Tambomachay.
Deux pièges à connaître. Le boleto s'achète en espèces, où que vous le preniez. Et il ne couvre que le musée du Qoricancha, pas le temple lui-même, dont l'entrée se règle séparément sur place — la confusion la plus fréquente parmi les visiteurs.
Si vous partez ensuite sur le Chemin de l'Inca, le trek a son propre permis et l'entrée du Machu Picchu est comprise dans le forfait : ni l'un ni l'autre ne relève du boleto.
Deux détails qui comptent
Le passeport que vous avez utilisé pour réserver doit être celui que vous avez sur vous : il est contrôlé au poste du Km 82 et doit correspondre au permis. Un passeport renouvelé entre-temps se signale à l'avance.
La pesée des sacs a lieu avant le départ. Ce que vous ne portez pas reste à Cusco, en consigne à l'hôtel — prévoyez un bagage que vous pouvez scinder en deux sans tout déballer sur un trottoir.