La Vallée sacrée des Incas
Entre Cusco et le Machu Picchu, une vallée basse et fertile semée de sites incas. C'est l'étape que l'on traverse sans la voir quand on est pressé — et la meilleure façon de s'acclimater quand on ne l'est pas.
Ce que c'est
La Vallée sacrée est la vallée de l'Urubamba, entre Cusco et le début du Chemin de l'Inca. Les Incas y ont concentré leurs terrasses agricoles, leurs greniers et plusieurs de leurs sites majeurs, pour une raison simple : elle est plus basse, plus chaude et beaucoup plus fertile que l'altiplano autour de Cusco.
Cette même raison en fait aujourd'hui la meilleure base d'acclimatation. La vallée se tient entre 2 800 et 3 000 m, soit 400 à 600 m plus bas que Cusco — on y dort mieux, et le corps travaille moins pendant que vous visitez.
Pisac
Deux sites en un. En bas, le marché, réputé pour le textile — la vallée est un centre du tissage andin, et l'alpaga y est partout, du meilleur au plus douteux. En haut, les ruines, un ensemble étendu de terrasses, de tours de guet et d'un secteur cérémoniel accroché à l'arête.
Comptez 2 à 3 heures pour parcourir les ruines correctement. La montée depuis le village est raide ; la plupart des visiteurs montent en taxi et redescendent à pied.
Ollantaytambo
C'est l'autre pôle de la vallée, et le plus saisissant. La forteresse qui domine le village fut l'un des rares lieux où les Incas tinrent tête aux Espagnols — Manco Inca y remporta une bataille avant de se retirer plus loin dans la jungle.
Mais l'essentiel n'est pas le site : c'est le village. Ollantaytambo est l'un des rares endroits au monde où l'on habite encore des maisons posées sur des fondations incas, le long de ruelles tracées il y a plus de cinq siècles, avec les canaux d'origine qui courent toujours au milieu. On y marche dans un plan urbain du XVe siècle.
C'est aussi la gare d'où part le train pour Aguas Calientes, et le dernier village avant le Km 82 — donc le point de départ réel du trek.
Moray, Maras, Chinchero
Moray est une curiosité : des terrasses circulaires concentriques creusées dans une dépression, dont chaque niveau présente un microclimat différent. On y voit généralement un laboratoire agricole inca — une station d'essai pour acclimater les cultures d'un étage à l'autre.
Les salines de Maras, tout près, sont plusieurs milliers de bassins d'évaporation étagés sur un versant, exploités depuis l'époque inca et toujours en activité, bassin par bassin, par les familles du village. Elles ont leur billet propre, hors boleto.
Chinchero tient le haut de la vallée, à 3 750 m — plus haut que Cusco, à ne pas programmer le jour de votre arrivée. Village de tisserandes, avec une église coloniale bâtie directement sur des murs incas.
L'itinéraire classique en une journée
Le circuit standard, celui que vendent toutes les agences de Cusco : Pisac le matin (marché puis ruines), déjeuner dans la vallée, Ollantaytambo l'après-midi. Il fonctionne bien et couvre l'essentiel.
Si vous partez ensuite en trek, une variante vaut mieux : faites la vallée sur deux jours et dormez à Ollantaytambo. Vous gagnez Moray et Maras, vous dormez 600 m plus bas que Cusco, et vous êtes déjà sur place le matin du départ — ce qui supprime le transfert de 1 h 30 à l'aube.
Quel billet pour ces sites ?
Pisac, Ollantaytambo, Chinchero et Moray ne se paient pas à l'entrée : ils sont couverts par le boleto turístico de Cusco, un billet groupé. Le détail des formules, des prix et de ce qu'elles couvrent est sur la page Cusco. Retenez surtout deux choses : il s'achète en espèces, et les salines de Maras n'y figurent pas.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter la Vallée sacrée ?
Une journée suffit pour le circuit classique Pisac–Ollantaytambo. Deux jours permettent d'y ajouter Moray, les salines de Maras et Chinchero sans courir, et surtout d'y dormir — ce qui est le vrai intérêt si vous partez ensuite en trek.
La Vallée sacrée est-elle plus basse que Cusco ?
Oui, et c'est important : la vallée est 400 à 600 m plus bas que Cusco. On y dort mieux et les symptômes d'altitude y sont nettement plus légers, ce qui en fait une meilleure base d'acclimatation que la ville elle-même.
Faut-il le boleto turístico pour la Vallée sacrée ?
Oui pour Pisac, Ollantaytambo, Chinchero et Moray, qui ne se paient pas à l'unité : ils sont couverts par le boleto turístico de Cusco. Les salines de Maras ont en revanche leur propre billet.